1 naissance sur 80 500
Estimation publiée pour le Maroc, à partir de la mutation XPC la plus fréquente. Aux États-Unis : 1 sur 1 000 000.
Source : Doubaj et al., J Dermatol, 2012
Le Xeroderma Pigmentosum (XP) est une maladie génétique rare : la peau et les yeux ne réparent pas les dégâts des UV. Rien ne la guérit, mais un diagnostic précoce et une protection rigoureuse améliorent nettement la qualité et la durée de vie.

Le Xeroderma Pigmentosum (XP) est une maladie génétique rare : les cellules ne réparent pas les dégâts que les ultraviolets (UV) font à leur ADN. Sans protection, la peau et les yeux s'abîment, et le risque de cancer de la peau est multiplié par 10 000. Rien ne guérit le XP ; une protection constante en réduit ou en évite beaucoup d'effets.
Source : Tamura et al., 2014
Ce n'est pas contagieux. Le XP est héréditaire : il faut que les deux parents, en bonne santé, portent chacun une copie modifiée du même gène. À chaque grossesse, le couple a alors un risque sur quatre d'avoir un enfant atteint. Une prise de sang (test génétique) confirme le diagnostic.
Source : Guy's and St Thomas' NHS
Au Maroc, une estimation publiée donne environ une naissance sur 80 500, contre une sur un million aux États-Unis. Une même mutation du gène XPC explique la maladie dans 76 % des familles marocaines étudiées. Les maladies récessives touchent plus souvent les couples apparentés, sans les concerner seuls : ce n'est la faute de personne.
Source : Doubaj et al., 2012 ; Senhaji et al., 2013 ; Jaouad et al., 2009
Avant l'âge de deux ans, des taches de rousseur apparaissent sur la peau exposée au jour. Environ la moitié des enfants XP brûlent après très peu de soleil. Les enfants du type XP-C, eux, ne brûlent pas plus que les autres : la maladie passe inaperçue et le diagnostic arrive plus tard. Au moindre doute, montrer l'enfant à un dermatologue.
Source : Tamura et al., 2014 ; Fassihi et al., 2016
Taches de rousseur, vieillissement précoce de la peau, puis cancers. Dans une cohorte américaine de 106 patients, le premier cancer de la peau (hors mélanome) apparaissait à 9 ans en médiane, et le premier mélanome à 22 ans. À Casablanca, 80 % des 120 patients suivis avaient eu au moins une tumeur de la peau.
Source : Bradford et al., 2011 ; Moussaid et al., 2004
Les yeux sont presque aussi souvent atteints que la peau, sur leurs parties exposées : paupières, cornée, conjonctive. Aux États-Unis, 91 % des 87 patients examinés avaient au moins une atteinte (inflammation, sécheresse, cicatrice de la cornée), et 10 % un cancer de la surface de l'œil. Dans une série marocaine de 40 patients, 11 avaient une tumeur de l'œil.
Source : Lehmann et al., 2011 ; Brooks et al., 2013 ; Abbassi et al., 2022
Certains enfants XP ont aussi une atteinte des nerfs : surdité, troubles de l'équilibre, difficultés d'apprentissage. Aux États-Unis, elle touchait 24 % des patients suivis. Elle concerne surtout les types XP-A, XP-D et XP-G. Le type XP-C n'en donne en général pas. C'est le type le plus fréquent au Maroc. Elle n'est pas due aux UV : la protection solaire ne l'empêche pas.
Source : Bradford et al., 2011 ; Garcia-Moreno et al., 2023 ; Lehmann et al., 2011 ; Abbassi et al., 2022
Elle dépend surtout de deux choses : l'atteinte neurologique et les cancers de la peau. Aux États-Unis (106 patients, 1971-2009), l'âge médian au décès était de 37 ans sans atteinte neurologique et de 29 ans avec ; le cancer de la peau était la première cause de décès. Au Maroc, nous n'avons trouvé aucune étude qui la mesure.
Source : Bradford et al., 2011
Âge médian au décès sans atteinte neurologique, et 29 ans avec, chez 106 patients suivis aux États-Unis de 1971 à 2009. Première cause de décès : le cancer de la peau.
Source : Bradford et al., J Med Genet, 2011
Deux pays, deux époques : ces chiffres ne se comparent pas directement. La protection solaire ne change pas l'atteinte neurologique.
Les preuves viennent du suivi des patients, pas d'essais comparatifs. Aux États-Unis, les patients qui brûlaient au moindre soleil avaient moins de cancers de la peau que les autres, probablement parce qu'ils étaient protégés plus tôt. Au Royaume-Uni, sur 89 patients suivis par le service national XP de 2015 à 2024, aucun n'est mort d'un cancer de la peau.
Source : Bradford et al., 2011 ; Paolino et al., 2025
Au Royaume-Uni, chez les patients suivis par le service national XP de 2015 à 2024, la survie médiane estimée est de 81 ans sans atteinte neurologique, et de 50 ans avec. Les auteurs l'attribuent aux progrès des soins et au strict respect de la prévention. Estimation fondée sur peu de décès, à ne pas comparer directement aux chiffres américains.
Source : Paolino et al., Br J Dermatol, 2025 (résumé de congrès)
La protection solaire ne prévient pas l'atteinte neurologique, qui n'est pas liée aux UV. Elle ne guérit pas la maladie. Elle ne suffit pas seule : des visites régulières chez le dermatologue permettent de retirer le plus tôt possible les lésions qui pourraient devenir des cancers.
Source : Lehmann et al., 2011 ; Tamura et al., 2014
Source : Guy's and St Thomas' NHS, 2025 ; EyeWiki, 2026
Chaque spécialiste a son rythme : la peau tous les 3 à 6 mois, les yeux au moins une fois par an, les autres selon les besoins. Source : Guy's and St Thomas' NHS
Il examine toute la peau, en général tous les 3 à 6 mois, pour repérer tôt tout signe de cancer. Il retire le plus tôt possible les lésions qui pourraient le devenir. Une tache nouvelle ou qui change se montre tout de suite, sans attendre le rendez-vous.
Source : Guy's and St Thomas' NHS ; Lehmann et al., 2011
Un examen des yeux au moins une fois par an, plus tôt en cas de gêne. Il surveille les paupières et la surface de l'œil, où des tumeurs peuvent apparaître. Des gouttes lubrifiantes, utilisées régulièrement, traitent la sécheresse. Dehors, des lunettes enveloppantes marquées UV400.
Source : Guy's and St Thomas' NHS ; EyeWiki, 2026
Un bilan des nerfs et du cerveau, avec un test de l'audition et parfois une IRM. Le test de l'audition sert de dépistage. Aux États-Unis, 76 % des patients avec atteinte neurologique avaient perdu de l'audition. Le rythme dépend du type de XP ; c'est le médecin qui le fixe.
Source : Guy's and St Thomas' NHS ; Lehmann et al., 2011 ; Totonchy et al., 2013
Vivre à l'abri du jour pèse sur l'enfant et sur ses parents : isolement, anxiété, routines strictes. Le psychologue aide à faire face au diagnostic. Au Royaume-Uni, un accompagnement psychologique personnalisé a réduit les UV reçus au visage par des adultes XP. Le rythme suit les besoins de chaque famille.
Source : McLoone et al., 2026 ; Walburn et al., 2025
Il suit la croissance et la santé générale de l'enfant, et coordonne les soins. La plupart des personnes XP manquent de vitamine D, car elles évitent la lumière du jour : un complément est prescrit. Une prise de sang le contrôle 3 mois après le début, puis chaque année.
Source : Guy's and St Thomas' NHS
Il retire les tumeurs repérées par le dermatologue et répare la peau. Il intervient quand c'est nécessaire, pas à date fixe. Les récidives sont fréquentes : dans une série de Casablanca, des rechutes après chirurgie ont été notées dans 57 % des cas.
Source : Moussaid et al., 2004
Une prise de sang (test génétique) confirme le diagnostic. Connaître le type exact de XP aide à prévoir l'évolution, notamment le risque neurologique. Quand les deux parents sont porteurs, chaque grossesse a un risque sur quatre d'enfant atteint : le généticien l'explique à la famille et répond à ses questions.
Source : Guy's and St Thomas' NHS ; Fassihi et al., 2016
Suivi médical et protection rigoureuse améliorent la qualité et la durée de vie.
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